« Bosse des maths » : Comment stimuler l’intérêt des femmes pour les filières scientifiques ?

Démystification de la prétendue « Bosse des maths » : Comment stimuler l’intérêt des femmes pour les filières scientifiques

Dans son ouvrage intitulé « La Bosse des maths n’existe pas » Rétablir l’égalité des chances dans les matières scientifiques, la chercheuse Clémence Perronnet analyse minutieusement les parcours d’une cinquantaine d’élèves et explore les mécanismes sous-jacents expliquant le manque de représentation des femmes et des minorités dans les domaines scientifiques.

la bosse des maths n'existe pas

Les clichés et stéréotypes à l’épreuve des faits

L’ouvrage met en lumière une réalité complexe. Plus qu’une simple question d’autocensure ou de manque de confiance en soi, il révèle une multitude de problèmes sous-jacents.
Un exemple frappant : une simple remarque comme « Je suis nulle en technologie, tu devrais programmer le GPS » révèle à quel point les stéréotypes de genre persistent dans notre société.
Clémence Perronnet, chercheuse à l’Institut français de l’éducation, démonte avec pertinence cette vision simpliste qui associe les compétences en sciences à un genre spécifique, remettant en question l’idée selon laquelle l’intérêt pour les sciences serait inné et prédisposé.
Souvent, j’entends les parents me dirent « il n’aime pas lire depuis tout petit ». Ok l’amour des livres n’est pas contrôlable, mais lui proposez-lui de temps en temps des livres, d’aller ensemble à la médiathèque ou de même de lire ensemble ? La croyance en des dons est forte et persistante. La pseudo liberté de choix laissée aux enfants est cadrée par la représentation des parents.
De la même façon pour les sciences, il existe des séries et des documentaires qui peuvent en famille permettre de découvrir et approfondir les sciences. Par exemple, « C’est pas sorcier » qui décrypte beaucoup de sujets scientifiques ou « Il était une fois ».

cestpassorcier

Désamour pour les sciences : une construction sociale

En suivant le parcours d’une cinquantaine d’enfants, de l’école primaire au collège, la sociologue décrypte les mécanismes qui conduisent au manque de représentation des femmes et des minorités dans les filières scientifiques.
Il est intéressant de noter que ce désamour pour les sciences n’est pas une fatalité innée, mais plutôt le fruit d’une construction sociale. Les parents et l’entourage sont les premiers acteurs à pouvoir montrer l’exemple.
En effet, si près de la moitié des élèves français apprécient les mathématiques en CM1, ce chiffre chute à seulement 11% en quatrième.

Au-delà de l’école : les multiples obstacles à surmonter

Outre les questions d’autocensure et de confiance en soi, l’ouvrage souligne les nombreux obstacles auxquels sont confrontés les jeunes dans leur parcours vers les filières scientifiques.
À l’école, le manque de temps consacré aux sciences est flagrant, ce qui va à l’encontre des attentes du programme.
À la maison, certains élèves rencontrent des difficultés supplémentaires, notamment en raison de contraintes financières ou linguistiques.
De plus, les loisirs ne sont pas en reste, car un enfant qui éprouve des difficultés à l’école, quelle qu’en soit la raison, peut percevoir une visite au musée comme trop « scolaire ».
Ces différents aspects nécessitent une réflexion approfondie et des actions immédiates, car la sous-représentation des femmes dans les domaines scientifiques est un défi majeur qui requiert des solutions urgentes et concertées.
Pour rendre les musées moins scolaires, il existe des parcours adaptés aux jeunes et aussi des musées où l’on peut manipuler et faire des expériences, comme la Cité des Sciences et de l’industrie ou les musées de sciences naturelles.

le musee des sciences a paris

Conclusion

Il est plus que désormais temps d’agir. En tant qu’ancienne ingénieure en finance, développeuse qui plus est, je faisais partie d’une minorité dans le monde professionnel dans lequel j’évoluais. Dans la partie IT, nous étions une poignée. L’évolution vers des postes à responsabilités était ardue.
Mais les jeunes filles que je rencontre aujourd’hui en coaching d’orientation ont bien du mal à se donner des ambitions dans le domaine scientifique. Après les générations où les femmes se battaient pour ouvrir des voies, j’ai comme l’impression que cette génération préfère se laisser porter, choisir le moins difficile, sans doute par angoisse de faire le mauvais choix. Alors peu de jeunes filles décident de suivre les voies scientifiques…

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